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Malus 2026 : quel modèle rapporte le plus à l'État ?

Le malus 2026 frappe fort : la Maserati GranCabrio Folgore paie 30 000 € de taxe au poids, un record qui rebat les cartes du marché auto.

Malus 2026 : quel modèle rapporte le plus à l'État ?

Alors que le malus automobile 2026 se durcit, un modèle inattendu s'apprête à battre tous les records de taxation. Loin des SUV surpuissants ou des sportives émettrices, c'est une électrique de luxe qui devrait rapporter le plus à l'État. Décryptage d'un barème qui chamboule les habitudes et pèse lourd sur le portefeuille des acheteurs.

Le barème malus 2026 : ce qui change

Le barème du malus automobile pour 2026 a été officialisé par le gouvernement. Comme chaque année, le seuil de déclenchement du malus CO2 s'abaisse : il passe de 117 g/km en 2025 à 113 g/km en 2026. Concrètement, tout véhicule neuf émettant plus de 113 grammes de CO2 par kilomètre sera soumis à une taxe progressive.

Le montant maximal du malus, lui, est porté à 70 000 € cumulables entre les deux composantes : CO2 et poids. Un plafond qui n'a jamais été aussi haut, et qui concerne les véhicules les plus lourds et les plus polluants. Selon le site officiel service-public.fr, ces seuils s'appliquent à toutes les immatriculations à partir du 1er janvier 2026.

Le malus au poids, instauré en 2022, se durcit également. Il concerne désormais les véhicules de plus de 1,6 tonne (contre 1,8 tonne auparavant). Le barème est progressif : de 10 € par kilo au-delà de 1,6 t jusqu'à 30 € par kilo au-delà de 2,2 t, avec un plafond de 30 000 €. Ce malus s'applique indépendamment des émissions de CO2, y compris aux électriques.

Le modèle qui rapportera le plus à l'État

Contre toute attente, ce n'est pas un gros SUV thermique ou une sportive qui décroche la palme du malus maximal, mais un cabriolet électrique : la Maserati GranCabrio Folgore. Selon les données compilées par L'Argus, ce modèle affiche un poids à vide supérieur à 2,2 tonnes, ce qui le place directement dans la tranche la plus taxée du malus au poids.

Résultat : la GranCabrio Folgore écope de 30 000 € de malus au poids, le plafond maximal. Comme elle est électrique, elle est exonérée du malus CO2, mais cela ne suffit pas à la rendre abordable. Avec un prix de base dépassant les 200 000 €, le malus ne représente qu'une fraction du coût total, mais il illustre la sévérité du barème.

D'après L'Automobile Magazine, ce modèle est le plus taxé de tous les véhicules neufs commercialisés en France en 2026. Il devance largement les SUV et berlines hybrides rechargeables, pourtant réputés lourds.

Pourquoi ce modèle est-il si pénalisé ?

La raison est simple : le malus au poids ne fait pas de distinction entre motorisations. Un véhicule électrique, avec ses batteries, pèse souvent plus lourd qu'un équivalent thermique. La Maserati GranCabrio Folgore atteint environ 2,3 tonnes, bien au-dessus du seuil des 2,2 tonnes qui déclenche la taxation maximale.

Le malus au poids est calculé par paliers : de 1,6 à 1,8 tonne, le tarif est de 10 €/kg ; de 1,8 à 2,0 t, 15 €/kg ; de 2,0 à 2,2 t, 20 €/kg ; et au-delà de 2,2 t, 30 €/kg. Avec un poids de 2,3 t, la GranCabrio paie 30 € pour chaque kilo au-dessus de 2,2 t, soit 30 000 € pour 1 000 kg de dépassement — mais le plafond de 30 000 € limite la note.

Ce système vise à inciter les constructeurs à alléger leurs véhicules, quelle que soit leur énergie. Les électriques, souvent exonérées de malus CO2, se retrouvent ici pénalisées par leur masse. Un paradoxe qui pourrait freiner l'adoption des gros modèles zéro émission.

Les autres véhicules lourdement taxés

Outre la Maserati, plusieurs autres modèles subissent des malus élevés en 2026. Les gros SUV électriques comme le Mercedes EQS SUV ou le BMW iX dépassent facilement les 2,5 tonnes et atteignent le plafond de 30 000 € de malus au poids. Certaines berlines de luxe hybrides rechargeables, comme la Porsche Panamera Turbo S E-Hybrid, cumulent un malus CO2 élevé (environ 20 000 €) et un malus au poids (autour de 10 000 €), pour un total pouvant frôler les 70 000 €.

Les véhicules thermiques lourds et polluants, comme les Mercedes Classe S ou BMW Série 7 à moteur V8, atteignent aussi des sommets. Le malus CO2 peut dépasser 30 000 €, et le malus au poids ajoute plusieurs milliers d'euros. Le cumul des deux taxes peut alors atteindre le plafond des 70 000 €.

« Le malus 2026 est conçu pour orienter les acheteurs vers des véhicules plus légers et moins polluants. Les électriques lourdes ne sont pas épargnées, ce qui interroge sur la cohérence écologique de la mesure. »

— Analyse de L'Argus, mars 2025

Comment éviter le malus maximal ?

Pour échapper au malus maximal, le premier réflexe est de choisir un véhicule léger, idéalement sous les 1,8 tonne. En dessous de ce seuil, le malus au poids est nul ou très faible. Les citadines électriques comme la Renault Zoe ou la Fiat 500e restent sous les 1,5 tonne et ne paient aucun malus au poids.

Pour le malus CO2, il faut viser les motorisations émettant moins de 113 g/km. Les hybrides légères (micro-hybrides) ou les hybrides rechargeables bien conçues peuvent s'en approcher, à condition de ne pas être trop lourdes. Les versions thermiques les plus efficientes, comme les diesels récents ou les essence à faible cylindrée, restent des options.

Enfin, une solution radicale : opter pour un véhicule d'occasion. Le malus ne s'applique qu'aux voitures neuves immatriculées pour la première fois. Un modèle de quelques années, même lourd, échappe à la taxe.

Impact sur le marché automobile français

Le durcissement du malus 2026 risque de ralentir les ventes de gros véhicules électriques. Les consommateurs, déjà sensibles au prix d'achat, pourraient se détourner des modèles lourds comme les SUV électriques haut de gamme, au profit de citadines ou de compactes plus légères. Les constructeurs devraient réviser leur gamme pour proposer des versions allégées.

Selon les données de L'Argus, les ventes de véhicules électriques de plus de 2 tonnes ont baissé de 12% en 2025 par rapport à 2024, et la tendance pourrait s'accentuer en 2026. À l'inverse, les modèles compacts comme la Peugeot e-208 ou la Renault Megane E-Tech (sous 1,8 t) voient leurs ventes progresser.

Ce report vers des modèles plus légers pourrait avoir un impact positif sur les émissions moyennes du parc automobile français. Mais il pénalise les constructeurs qui ont investi dans de gros SUV électriques, comme Mercedes, BMW ou Audi. Le malus 2026 agit ainsi comme un accélérateur de la transition vers des véhicules plus sobres, mais pas forcément zéro émission.

Questions fréquentes

Combien coûte le malus maximal en 2026 ?

Le malus maximal cumulé (CO2 + poids) est de 70 000 €. Ce montant s'applique aux véhicules les plus lourds (plus de 2,2 tonnes) et les plus polluants (émissions élevées de CO2).

Quel modèle paie le plus de malus en 2026 ?

La Maserati GranCabrio Folgore paie 30 000 € de malus au poids, le plafond. C'est le modèle le plus taxé, car il cumule un poids très élevé sans émission de CO2.

Les voitures électriques sont-elles exonérées du malus au poids ?

Non, les électriques sont exonérées du malus CO2, mais pas du malus au poids. Si elles pèsent plus de 1,6 tonne, elles sont taxées selon le barème progressif, jusqu'à 30 000 €.

Comment calculer le malus au poids d'un véhicule ?

Le malus au poids se calcule en fonction du poids en ordre de marche. Pour un véhicule de 2 tonnes, le malus est de 10 €/kg entre 1,6 et 1,8 t (soit 2 000 €), 15 €/kg entre 1,8 et 2,0 t (soit 3 000 €), total 5 000 €.

Faut-il payer le malus sur une voiture d'occasion ?

Non, le malus ne s'applique qu'aux voitures neuves immatriculées pour la première fois. Un véhicule d'occasion déjà immatriculé n'est pas concerné, sauf s'il est importé et immatriculé en France pour la première fois.

Le malus 2026 redistribue les cartes : exit les gros gabarits, place à la légèreté. Pour les acheteurs, le message est clair : allégez votre portefeuille en allégeant votre voiture.

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